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Israël: la société civile, inquiète, se prépare à surveiller les législatives du 27 octobre
16.09.2026Les élections israéliennes se dérouleront le 27 octobre prochain. Le président Isaac Herzog a mis en garde ses concitoyens au mois de juillet : il assure que diverses menaces pèsent sur le scrutin, il leur demande d’être vigilants face aux violences qui pourraient compromettre l’intégrité du vote, aux fausses informations, à la remise en question des résultats. La société civile s’organise pour surveiller une élection qui s’annonce cruciale pour l’avenir du pays.
De notre envoyée spéciale à Herzliya,
Les locaux du Centre civil des opérations électorales sont situés dans un parc technologique au nord de Tel-Aviv. Installés devant des écrans d’ordinateur, des volontaires de la société civile se préparent au pire. « En raison de la direction que prend le pays, nous nous inquiétons du manque de transparence et du niveau de violence », alerte Michal Beinisch, l'une des fondatrices du centre. Le vote du 27 octobre sera crucial, le premier en Israël depuis le massacre du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi.
« C'est la première fois que nous avons le sentiment que les élections peuvent vraiment être biaisées et inéquitables, martèle Eyal Naveh, qui co-dirige le projet. Nous allons mettre 100 000 personnes dans les rues, dans les bureaux de vote et autour, l’objectif est de pouvoir si nécessaire signaler des problèmes à la police, au Shin Bet, aux autorités, aux médias. Nous voulons que les citoyens d’Israël votent, nous voulons un Israël démocratique. »
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Lutter contre les infox
Les équipes se préparent à tous les scénarios. « Par exemple, le jour des élections, quelqu'un pourrait descendre dans la rue, jeter des pétards, faire croire à un attentat et créer la panique pour empêcher les gens de s'approcher des bureaux de vote, prévient Eyal Naveh, qui est un vétéran des forces spéciales israéliennes. Nous voulons faire de la pédagogie autour des fausses informations, expliquer aux gens ce qui peut se produire et les rassurer. »
Le Centre civil des opérations électorales dispose aussi d’une application qui s'appelle Hamal. « Nous comptons déjà 30 000 personnes inscrites sur l’application, explique Michal Beinisch. Concernant le numérique et la lutte contre les fausses informations, nous avons plus de 500 personnes qui travaillent actuellement bénévolement, à temps plein. »
À l’heure des infox, les réseaux sociaux sont en première ligne, il y a des patrouilles numériques. « Par exemple, la Commission électorale a déclaré récemment que toutes les vidéos électorales qui contiennent de l'intelligence artificielle doivent être signalées, marquées automatiquement pour ne pas mentir au public, rappelle Eyal Naveh. Donc, nous avons des gens qui surveillent, qui regardent tout ce qui se passe sur les réseaux. »
Michal et Eyal l’assurent, leur mouvement est apolitique, mais ils sont convaincus que si Benyamin Netanyahu est en baisse dans les sondages, si le Premier ministre et ses alliés d'extrême droite n’ont plus rien à perdre, alors la situation peut vite devenir tendue.
À lire aussiLégislatives en Israël: un scrutin polarisé autour de Benyamin Netanyahu et l’onde de choc du 7-Octobre- À Séoul, face au phénomène de harcèlement qui s'intensifie, les agresseurs connus des autorités sont surveillés et géolocalisés. Lorsqu'ils s'approchent à moins de 2 km d'une victime, une alerte est déclenchée.
De notre correspondant à Séoul,
Au Centre de surveillance numérique du ministère de la Justice, un écran géant traque en permanence la position des victimes et des agresseurs déjà connus des autorités. Yoon Hyun-bong, son directeur, présente le fonctionnement de ce système de surveillance : « Ici, c'est la victime, là, l'agresseur. On constate que l'agresseur et la victime se rapprochent de plus en plus, une première alerte est donnée à 2 km de distance mais l'agresseur continue de se rapprocher, montre-t-il, ce qui conduit au déploiement de l'agence de probation pour protéger la victime lorsque la distance est de moins d'un kilomètre. »
Le dispositif fait suite à plusieurs féminicides retentissants, notamment celui d'une femme poignardée en mars par un homme porteur d'un bracelet. Le ministère de la Justice savait où il se trouvait, mais la police en charge du dossier l'ignorait. Un échec des administrations que tente de corriger ce dispositif.
Aujourd'hui, plus de 5 000 porteurs de bracelets sont surveillés et 19 000 alertes sont envoyées chaque jour. En cas d'alerte, un membre du centre de contrôle de géolocalisation contacte l'agence de probation pour qu'ils se rendent sur place.
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Près de 45 000 cas de harcèlement en 2025
Les signalements pour harcèlement ont triplé en quatre ans, atteignant près de 45 000 cas en 2025, dont 80% des victimes sont des femmes. Cela fait donc beaucoup d'agresseurs à surveiller pour les services du ministère de la Justice. « Aujourd'hui, nous gérons environ 5 300 personnes, et ce chiffre continue d'augmenter car nous l'étendons également aux auteurs de violences conjugales, explique Kang Shin-won, chef de l'équipe de surveillance. Côté effectifs, le nombre de personnes suivies a été multiplié par plus de 30, mais le nombre de nos agents n'a pas augmenté dans les mêmes proportions : chaque agent gère actuellement un peu plus de 20 personnes en moyenne pour la surveillance électronique standard. »
Malgré le manque d'effectif, le système de surveillance semble montrer ses preuves. Depuis sa mise en place au mois de juin, le taux de récidive est passé de 14 % à 0,7 %.
À lire aussiCorée du Sud: des étudiantes défendent le maintien d'universités réservées aux femmes Procès de l'ancien président Hashim Thaçi et de trois ex-chefs de l’UCK, un verdict très attendu au Kosovo
14.09.2026C'est un verdict qui sera suivi de près dans l’ensemble des Balkans. Mercredi, à La Haye, les chambres spécialisées du Kosovo, un tribunal kosovar composé de juges internationaux, doivent dire si Hashim Thaçi, l'ancien président du Kosovo, et trois autres anciens dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) sont coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Les anciens commandants sont notamment accusés de meurtres commis pendant et après la guerre de 1998-1999, entre les forces serbes et l'UCK, alors soutenue par l'Otan. À Pristina, les anciens commandants de la guérilla sont toujours considérés comme des héros. Reportage dans la capitale où la tension est vive.
Le reportage de notre correspondant à Kosovo, Louis Seiller est à écouter dans son intégralité dans Accents d’Europe
À écouter aussiHéros ou criminels, les leaders de l’UCK face aux juges- Dublin, c'est le fief des géants de la tech : Google, Amazon, Meta s’y sont tous installés et ont construit aux alentours leurs data centers, ces gros centres de données indispensables à leur fonctionnement. Résultat : l'Irlande compte aujourd'hui 89 data centers ! De quoi offrir à la République irlandaise le titre de premier hébergeur européen de ces centres. Et avec l’essor de l’intelligence artificielle, les annonces de nouveaux chantiers s’enchaînent à un rythme effréné, au risque de saturer le réseau électrique du pays. Au point que les Nations unies ont récemment cité l’Irlande comme un « signal d’alarme » pour le reste du monde.
Le reportage de notre correspondante Clémence Pénard est à retrouver dans son intégralité dans Accents d'Europe.
À lire aussiEconomie: Apple renonce à construire son centre de données en Irlande - La présence simultanée de Xi Jinping et Narendra Modi en Inde, à l’occasion du sommet des Brics, illustre le réchauffement des relations entre les deux pays les plus peuplés du monde. L’étau se desserre doucement entre les deux économies, avec l’autorisation de nouveaux investissements chinois sur le territoire indien, notamment dans un secteur clé : la fabrication de téléphones portables. Si la Chine reste de loin le plus grand fabricant mondial, l’Inde progresse rapidement. Une alliance, où une « joint venture » entre deux géants du secteur, a été annoncée en juillet. L’entreprise chinoise Vivo et l’indienne Dixon ont ainsi scellé leur collaboration, comme en témoigne la visite de l’une de leurs usines en banlieue de New Delhi.
De notre envoyé spécial à New Delhi,
Environ 1,2 million de téléphones par mois sont produits dans les usines que supervise Lalit Choudhary, directeur général des opérations pour Dixon Electronics, leader indien de la fabrication de téléphones. Avant d'entrer dans l'usine, passage obligé par la clean room : un sas où une gigantesque soufflerie élimine toutes les poussières. « Pas de poussière, contrôle de la température, contrôle de l'humidité, des décharges électrostatiques, il faut un environnement spécifique », explique-t-il.
Chaque employé surveille avec attention les larges machines blanches. Elles gravent, assemblent et vérifient que chaque pièce fonctionne. « Cette machine-là, on l'appelle le pilote. Et là, c'est une carte mère, mais pas encore fonctionnelle. Une fois qu'elle est passée dans la machine, avec tous les composants, on dit que c'est bon, elle est assemblée. Tout ce qui permet ensuite de pouvoir contrôler et utiliser le téléphone, c'est grâce à cela », détaille le directeur des opérations. Une plaque métallique sur laquelle sont installés les semi-conducteurs et composants électroniques du téléphone. Après être passée dans une dizaine de machines, la carte mère peut monter à l'étage supérieur.
C'est là, au micro-assemblage, que le téléphone prend forme. « En moyenne, il y a 75-80 personnes par ligne de production selon les modèles », précise Lalit Choudhary. « En Inde, cela fait plus de 15 ans que nous assemblons des portables, les gens ici en Inde sont des experts », ajoute-t-il.
Samsung, Motorola, Apple : la plupart des constructeurs mondiaux veulent réduire leur dépendance à la Chine et se tournent vers l'Inde, attirés par le faible coût du travail et les débouchés de l'immense marché indien. C'est aussi ce que vient chercher l'entreprise chinoise Vivo, dont la production conjointe avec Dixon doit débuter à l'automne. « Vivo, c'est le leader du marché des téléphones portables dans le marché indien, ils ont près de 20 % de part de marché, c'est une grande entreprise avec des capacités technologiques », souligne Saurabh Gupta, directeur financier du groupe.
Vivo, spécialisé dans la conception des portables, fabrique une large partie de sa production en Chine, un savoir-faire utile pour Dixon. Mais il a fallu convaincre durant plus de 15 mois les autorités indiennes pour qu'elles acceptent le projet. « Dans une joint-venture, les entreprises indiennes doivent avoir la majorité des parts, il doit y avoir des bénéfices concrets pour l'industrie et le pays en termes de transferts de technologies, de savoir-faire, des bonnes pratiques à adopter », explique Saurabh Gupta. Des transferts de technologies loin d'être évidents. Beaucoup doutent de la volonté des entreprises chinoises de vouloir réellement aider à former leurs concurrents de demain.
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